Aventure Cubaine : le parc national de Caguanes


C'est sous une lumière toute douce que l'on commence à se réveiller, nos ventilos remis en route en train de tourner au-dessus de nous... Peine perdue, il fait déjà trop chaud mais un peu d'air fait du bien, surtout au réveil. C'est avec des yeux à moitié ouverts que je me dirige vers la douche pour profiter de l'eau fraîche... Du moins, jusqu'au moment où une sorte de sauterelle géante me saute dessus, clairement pas contente que je vienne la déranger dans le coin le plus frais. Mon cri de surprise alerte Julie : c'est bon, tout va bien, on est réveillé! On se prépare pour notre journée, super excitée à l'idée d'aller vadrouiller dans le Parc National de Caguanes, de descendre dans des grottes et surtout d'être à l'ombre... Au petit-déjeuner, Mariela et Giesys nous avertissent de la présence assez importante des moustiques là-bas et donc de bien nous protéger si l'on veut éviter le massacre... On finit de déguster nos jus de fruits et morceaux de mangue absolument délicieux avant de retourner dans notre case et rajouter une chemise/gilet sur nous, histoire d'être complètement couvert de la tête au pied... On récupère Chino, en train de profiter lui aussi du hamac et direction le parc : sur la route, les paysages semblent presque désertiques en comparaison de tout ce que l'on a vu jusque maintenant... Très peu de palmiers, une végétation rasante et de la terre partout. On croisera pas mal de troupeaux, au loin... Les animaux ont l'air de souffrir également de la chaleur, cherchant des coins d'ombre pratiquement inexistants. C'est dur de s'imaginer que la jungle et que la mer ne sont plus très loin... On finit aussi par croiser notre guide et le tracteur qui doit nous emmener dans le parc, sur le côté de la route et Giesys nous informe qu'il y a eu un petit souci avec et qu'ils sont en train de ressouder l'attelage où l'on sera... Un petit coup d'oeil vers Julie et je suis rassurée de savoir que je ne suis pas la seule à trouver l'info à la fois amusante et inquiétante... Comme a priori on est les seules, on décide de ne pas y penser plus que ça : notre tracteur (provenant tout droit de l'ex-URSS) date des années 60 et forcément, il a depuis été rafistolé à peu près partout. Giesys nous propose d'attendre dans le village, plutôt que sur le bas-côté et Chino nous met un peu de musique pour passer le temps. Le village est super calme, à l'exception de la cantina qui semble avoir attiré tout le monde là-bas. Notre carrosse finit par arriver et c'est le début de notre grande aventure. Alexander et notre guide nous ont mis une planche dans l'attelage, nous permettant de nous asseoir, comme le trajet risque d'être un peu mouvementé. Si au départ, tant qu'on est dans le village, tout va bien, très vite on comprend pourquoi on doit abandonner les voitures : le chemin est complètement défoncé, avec des trous énormes et le parc est encore loin... Très vite, on comprend aussi que ça va être une heure d'abdos-fessiers, en cherchant à rester droite et ne pas trop sauter sur la planche (c'est peine perdue). On passe notre heure à bien rire et à regarder le paysage autour de nous, toujours désertique au début et soudainement dans la jungle. Les lacs et les piscines naturelles sont complètement à sec, on ne voit plus que la terre, toute craquelée... Je pense que c'est ici que l'on prend vraiment conscience de cette sécheresse : jusque maintenant, on était entouré de végétation bien luxuriante et verte, sans vraiment accès aux sources d'eau.
On arrive à l'entrée du parc et c'est avec un petit soupir de soulagement que l'on quitte notre moyen de transport : on se dégourdit rapidement les jambes, retrouvent les sensations au niveau des cuisses et on file récupérer notre casque et lampe... La spéléo va pouvoir commencer. Enfin,d'abord, notre guide nous parle rapidement le parc et les consignes de sécurité (principalement : ne pas sortir du chemin tracé) : Caguanes est un parc assez peu connu, y compris des Cubains, malgré le fait que ce soit un parc national. On n'est plus très loin des Jardins du Roi et de tous ces cayos et plages de sable blanc qui attirent tous les touristes, délaissant l'arrière-pays. L'avantage, c'est que du coup, on est vite tranquille : on ne croisera qu'un groupe, qu'on perdra immédiatement. C'est aussi un parc réputé pour ses grottes et dolines, d'où l'importance de rester sur les chemins balisés... le sol s'écroule encore de temps en temps, créant de magnifiques puits de lumières... et des situations dangereuses si on ne fait pas attention. On s'avance tout doucement vers notre doline, regardant un peu à droite, à gauche et en l'air : on trouve des orchidées sauvages, quelques fleurs de cactus et des tocororos, cet oiseau considéré comme emblème national (ses couleurs rappelant le drapeau cubain et son espèce ne survivant pas à la captivité).
On descend dans notre puits de lumière, on a à peine fait quelques pas qu'on est déjà émerveillé (ce qui amuse d'ailleurs grandement notre guide qui nous rappelle que ce n'est même pas la meilleure partie... même s'il comprend). On est entre la végétation et la roche, entre lumière et obscurité et les jeux de lumière sont fantastiques. Autour de nous, des toutes petites hirondelles viennent virevolter et en pointant notre lampe vers le plafond, on peut apercevoir des chauves-souris dans leurs nids. On passe d'une "salle" à l'autre, toute différente, toute superbe. À la surface, depuis le chemin, on ne pouvait voir que le puits principal mais une fois à l'intérieur, on réalise à quel point c'est immense... On se regarde parfois avec Julie, tel des enfants, pour savoir si "hé t'as vu ça" ou "t'as vu comment c'est trop beau". On est enchanté et lorsqu'on arrive dans la dernière salle pour voir la "harpe" (l'arbre est couché de façon à ce qu'il rappelle la forme de l'instrument), on a des coeurs plein les yeux. C'est assez indescriptible et on se laisse juste bercer par la voix de notre guide qui continue de nous expliquer l'histoire du parc et la géologique du coin. On traîne des pieds pour partir, un dernier coup d'oeil pour essayer de bien tout garder en mémoire.
On remonte en surface, tout de suite accueilli par une horde de moustiques... Une raison de plus pour vouloir retourner dans le puits. On marche quelques mètres pour rejoindre la grotte d'Umboldt : cette fois, plus de lumière, on est vraiment dans l'obscurité totale... Armés de nos lampes, on s'avance en faisant bien attention où l'on marche... Il fait frais et rien que pour ça, c'est parfait. Au fur et à mesure que l'on s'enfonce, nos lampes nous font découvrir des petits trésors sous la forme de stalactites et stalagmites... Si on avait adoré notre puits, on adore encore plus la grotte, où tout est caché, où l'on doit faire l'effort de chercher tous les petits détails, de faire attention à ne rien louper (et de ne pas se casser la cheville)... Une partie de la grotte a été détruite par les américains avant l'embargo, cherchant à récupérer les minerais présents... Le contraste entre les deux coins est assez choquant et on s'éloigne vite de la partie ravagée pour se concentrer sur la partie intacte.

On retourne en surface un peu à regret, mais vu le bruit que font nos estomacs, on s'en remet assez vite. Sur le chemin qui nous ramène vers le camp, on a toutes ces images que l'on vient de voir qui défilent. On pique-nique rapidement, on se réhydrate et notre guide nous conseille de filer en contrebas, dans le cayo du parc pour aller se baigner. C'est le genre d'invitation qui ne peut se refuser et on descend immédiatement sur les rochers, poser nos affaires et se jeter à l'eau. On est loin du cliché des cayos de sables fins : ici, c'est rocheux, avec de la mangrove partout, pas mal d'algues, mais on s'en fiche un peu... On a la mer juste pour nous et ça fait un bien fou...
L'heure de rentrer s'approche, on se prépare psychologiquement à reprendre le tracteur... le chemin du retour est plus calme, plus pensif : la chaleur et la fatigue nous ont un peu écrasées, mais surtout, notre esprit est encore un peu dans le parc, quelque part entre la doline et la grotte...
Avant le départ, on avait fait une liste "Que faire à Cuba?" et si les classiques se baigner dans un cayo, faire du snorkelling, faire du cheval à Viñales en faisaient initialement partis, Caguanes et la spéléo ont été rajoutés que plus tard... et heureusement : ça restera l'un de nos plus beaux souvenirs de ce voyage.

On retrouve Chino et Lisbani, la soeur jumelle de Lidier, notre compagnon de la veille, et c'est tous ensemble que l'on monte dans la voiture, un peu serré, mais dans une très bonne ambiance. On rigole bien, la musique à fond, les vitres complètement baissées... Ça sent un peu la fin de séjour, ce sera notre dernière soirée à la Picadora et même si l'on a hâte de continuer notre voyage, il y a toujours un petit pincement au coeur de partir. On part vite se doucher et se préparer : ce soir, la Picadora fera la fête à nouveau. On apprécie encore plus cette soirée, maintenant que l'on connaît pratiquement tout le monde et Mariela, Alexander et les autres nous prennent directement par la main pour nous faire danser. Des étudiants américains viennent nous rejoindre pour passer la soirée et c'est dans un mélange de français/anglais/espagnol que la soirée commence.
À Cuba, on pourrait presque se diriger juste en écoutant les bruits, la musique nous guidant... Elle est omniprésente, peu importe où on se trouve. C'est évidemment le cas ce soir, avec les habitants qui ont sortis leurs instruments de musique... Il y a le tres (une mini guitare), la marimbula (une sorte de causse en bois qui fait caisse de résonance), le güiro (morceau de bois que l'on frotte avec une baguette), les maracas et bongo pour les percussions... Tout le monde chante, tout le monde connaît les paroles... On se laisse vite bercer par le tempo, passant d'un partenaire à un autre, apprenant quelques pas de danse, ravi d'avoir vite compris alors qu'en fait, pas vraiment, le mérite revient surtout aux danseurs qui savent ce qu'ils font... On transpire, on a chaud mais on continue... Jusqu'à ce que ce que le cochon grillé fasse son apparition et en quelques mouvements, les tables et chaises sont remises à leur place, la nappe et la table mises et les différents plats rajoutés. C'est d'une efficacité impeccable. On mange avec nos hôtes, maintenant amis et on papote, on essaye de prolonger le plus possible cette dernière soirée... Les premiers au-revoirs se font, ceux qui doivent se lever très tôt pour aller travailler... On reste encore un peu, en traînant des pieds pour rentrer... Avant de se coucher, on s'allonge un peu, on sort les carnets pour essayer de tout noter, de ne rien oublier... parce qu'aujourd'hui a vraiment été une journée coup de coeur.



















































Reportage réalisé en partenariat avec Nomade Aventure - Les propos, avis et photographies restent bien évidemment personnels.

3 commentaires:

  1. Ah moi qui suis DINGUE des grottes et autres cavernes, je suis à fond là ! ça me rappelle les cénotes mexicaines et les grottes aquatiques des Bahamas. J'adooore... cette lumière, cette ambiance... Magnifique !

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  2. Tu vas pouvoir bientôt écrire un roman sur votre voyage à Cuba :)
    Je ne soupçonnais absolument pouvoir trouver ce genre de spot à Cuba, c'est canon !!!

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  3. Cette première baignade juste après la visite des grottes, c'est un peu une journée parfaite quand même (même avec le tracteur, sisi) <3

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