Portraits de Cuba


Cuba est une île qui séduit immédiatement. Il y a les couleurs resplendissantes qui décorent ses façades, l'eau turquoise et claire, la lumière chaude pratiquement toujours autour de nous et sa chaleur écrasante, moite... Mais cela va bien au-delà de ses paysages : après tout, il est pratiquement impossible de parler de Cuba sans évoquer ses habitants... On en a eu un premier aperçu à la Havane, mais là où les rapports sont parfois forcés et faussés dans la capitale, en campagne, c'est une toute autre histoire. Une ambiance diamétralement opposée, plus naturelle, plus sincère et ce, dès notre arrivée à la Picadora : on oublie la barrière de la langue, en quelques minutes, on se sent déjà à la maison... Si on a eu un bref avant-goût la veille, notre journée au sein de la communauté va renforcer vraiment cette sensation... L'occasion de voir un Cuba autrement.
La Picadora, c'est une petite communauté d'un peu plus de 200 habitants, qui vit principalement de la terre et qui depuis peu, sous l'idée de Titi et sa femme Esther, s'est ouvert à l'agrotourisme : ils accueillent des visiteurs d'un peu partout, de Cuba et d'ailleurs, pour faire découvrir leur mode de vie, leur savoir-faire et leur amour pour leur île... Parfois aussi pour des études de paléontologie et d'archéologie. Et toujours, quoiqu'il arrive, l'envie de partager.

Le réveil se fait en deux étapes... d'abord grâce aux chants du coq qui a décidé que 4h du matin, c'était le moment parfait pour faire ses vocalises... et apparemment, se mettre juste à côté de nous le meilleur endroit. Dehors évidemment, même si dans les faits, ça n'a pas fait une grande différence. Et puis un peu plus tard, à une heure un peu plus appropriée et plus en douceur. Il fait déjà chaud et après le passage obligatoire par la douche, on profite à tour de rôle avec Julie du hamac où on se laisse bercer tranquillement. Les premières odeurs viennent chatouiller les narines : l'odeur de la nature surtout, avec un petit goût sucré. On rejoint nos hôtes à la cuisine extérieure, là où la veille on aura fait la fête, autour d'un cochon grillé, de pas rythmés par la musique et de fous rires... Un peu moins de monde cette fois, un peu moins de bruit aussi... On profite surtout des fruits : à Cuba, on n'a jamais vraiment faim. Titi nous rejoint et, armées de nos crèmes solaires, on part avec lui et Gleysis sur la route découvrir la communauté. Titi, de son vrai nom Angel, est le leader et on sent tout de suite la fierté qu'il a à nous parler de sa campagne, de leur travail (un sentiment que l'on va retrouver au fils des rencontres) et le plaisir de pouvoir le partager avec nous, de nous montrer un autre visage de Cuba, plus nuancé.
On commence notre visite par le dispensaire : le cabinet médical ne paye pas de mine comme ça, comme beaucoup de choses finalement sur l'île, mais le système de santé est très bien développé... Au point où un programme a été mis en place par le gouvernement permettant à des docteurs Cubains d'aller travailler à l'étranger, particulièrement dans des pays d'Amérique latine où il manque parfois de personnel médical. Ici, les soins sont gratuits et plusieurs campagnes sont régulièrement mises en places : vaccination, dépistage des cancers, contraception...
Un peu plus loin, de nouveaux visages avec Hugo et Daniel, apiculteurs... La Picadora reste avant tout une communauté de paysans dont la majorité vit de l'élevage et l'agriculture. On s'approche tout doucement des ruches, un peu pour ne pas déranger leur travail et surtout pour éviter toute piqûre. Hugo nous expliquera un peu son travail, principalement basé sur la reproduction des abeilles-reines qu'ils revendent ensuite à des paysans et fermiers pour qu'ils puissent produire leur miel. Si eux-mêmes ne le vendent pas, ça ne les empêchera pas de nous en faire goûter un peu, en allant le chercher à la source... Délicieux même si très vite, on en a plein les doigts, le miel encore bien liquide.
Après un petit détour par le charpentier-forgeron, on arrive au plein coeur de la Picadora : des champs à perte de vue face à nous, les montagnes derrière. Le ciel gronde un peu et on s'abrite vite sous un arbre pendant que la pluie se met à tomber... Titi profite de cette pause improvisée pour nous faire goûter quelques mangues : après tout, si on doit s'abriter sous un manguier, autant en profiter. L'orage ne dure pas très longtemps, juste le temps de nous réhydrater... Bonne nouvelle pour nous, beaucoup moins pour les paysans : Cuba connaît depuis plusieurs années des vagues de sécheresse et cette année de déroge pas à la règle... Les puits et réserves d'eau sont presque à vide, au point où même certains habitants n'ont plus accès à l'eau courante et sont obligés d'être ravitaillés en bouteille pour palier à la pénurie. L'averse terminée, on reprend le chemin, traversant les champs où on rencontrera quelques paysans, toujours gracieux, toujours un sourire aux lèvres. Le soleil est réapparu et il tape fort cette fois-ci... Alors au fur et à mesure, on se régale de fruits des arbres environnants : des prunes, des oranges blanches... On finit par arriver chez Maria et sa plantation de café (arabica et robuste) : un petit bout de femme absolument adorable et un peu timide qui nous accueille directement avec un verre d'eau bien frais (et du café bien chaud évidemment) et la pause sur les chaises à bascule est plus que bienvenue. On se balade un peu dans sa plantation et Titi ne peut résister de nous faire déguster à nouveau des fruits tropicaux.

Après une pause déjeuner et un court passage au frais dans notre paillote, on repart sur la route, mais cette fois en calèche, les chars à boeuf étant réquisitionnés pour délivrer de l'eau dans les alentours. Titi nous abandonne, un rendez-vous important avec la coopérative et c'est Lidier, son fils, qui nous accompagnera, profitant de sa journée sans classe.
On se dirige tout doucement vers le village voisin, Mayajigua, en passant par les chemins de terre et toujours en s'arrêtant par-ci, par-là : éleveurs de cochons et d'abeilles mélipones (qui ne piquent pas) où on pourra goûter à nouveau au miel, plus liquide et moins sucré, directement dans la ruche ; producteurs de fruits et légumes bio où on s'amusera à reconnaître les plantes dans les différentes allées et Lidier, heureux d'avoir trouvé des fraises, s'empressera de nous en passer... À chaque arrêt, de nouvelles rencontres, de nouveaux visages, toujours un peu curieux, un accueil plus chaleureux que la température extérieure et une fierté de pouvoir partager. La barrière de la langue est frustrante et heureusement, Gleysis est là pour permettre de communiquer.
À Mayajigua même, on ne fera que deux petits arrêts, un pour déguster du jus de canne et un pour nous montrer les magasins cubains, entre épiceries et bazar, avant d'aller à la piscine de l'hôtel, là où clairement tous les habitants sont... et vu la chaleur, on ne peut leur en vouloir. Il est déjà 16h00 et Lidier négocie avec le garde qui accepte de nous faire entrer gratuitement, en échange d'une bière... Ça ne se refuse pas! L'eau est parfaite... un mojito absolument délicieux à la main et c'est le bonheur. À côté de la piscine, un étang avec quelques flamands-roses... l'endroit idéal pour se promener tranquillement, marcher pieds nus et sécher tranquillement... De quoi terminer notre balade parfaitement.

La nuit commence à tomber tout doucement... Si la veille, on était occupé à apprendre quelques pas de salsa, ce soir, c'est plutôt initiation aux parties de dominos, quelque chose que l'on retrouve un peu partout à Cuba. Si au départ, le fait de jour avec des dominos "doubles" (qui vont jusque 9) est un peu perturbant, on prend vite le rythme au point où Julie finira par gagner et battre à plusieurs reprises nos compétiteurs locaux... Une bouteille de rhum sur la table pour aider un peu... Lidier nous rejoindra à nouveau, pour une partie de Jungle Speed. Peut-être est-ce la fin de journée ou d'avoir passé la journée en leur compagnie, mais soudainement la barrière de la langue ne se ressent plus autant... On rigole, on s'amuse et c'est finalement le plus important. Et ça, c'est le vrai visage de Cuba.























































Reportage réalisé en partenariat avec Nomade Aventure - Les propos, avis et photographies restent bien évidemment personnels.

7 commentaires:

  1. J'aime beaucoup cette série photo sur Cuba!

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  2. Très bel article, belles photos également ! Et qu'est ce qu'ils sont bien rose les flamants !! Vraiment un beau reportage, tout en douceur, merci !

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    1. Merci beaucoup Eloïse! Oui et en plus, ils se laissaient bien prendre en photos!
      J'en profite au passage pour te dire que j'avais adoré ton article sur Cuba :)

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  3. J'adore... On a l'impression d'y être ! :) Petit coup de coeur pour la photo du paysan dans les champs !

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    1. Merci Betty :) C'est la première fois que je faisais ce genre d'exercice et c'est très dur de faire des portraits "non posés"! Mais ça fait de supers souvenirs!

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  4. Anh les photos de notre chez nous au petit matin <3 <3

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