Roadtrip dans les Balkans : les bouches de Kotor




Place 21A dans l'avion... Au dessus des aîles, à côté du hublot, la tête quelque peu dans les nuages... C'est depuis cette petite fenêtre que je verrai mes premières images de cette région d'Europe qu'est les Balkans. On s'approche tout doucement de la Croatie et très vite, la Dalmatie apparait, nous laissant un aperçu de toutes ses îles, de sa mer turquoise et bleu foncé... Dubrovnik n'est plus très loin et depuis l'altitude, parait si minuscule, comme une maquette dans un musée. Mais pour commencer ce roadtrip, on va immédiatement fuir la Croatie et sa chaleur presque étouffante pour l'automne. Pas qu'on se plaigne, loin de là... Un peu de chaleur et du soleil nous fait un grand bien. Non, on veut simplement aller encore plus au sud : direction le Monténégro.



Du Monténegro, je ne connaissais pratiquement rien... Pays tout récent (il n'a même pas encore soufflé ses 18 ans), c'était un vrai mystère qui se tenait face à nous... Des images glanées ici et là et qui m'ont tout de suite intriguée... Mais c'est surtout un nom qui a retenu immédiatement mon attention : fjord. Quand on a vécu quelques mois en Norvège, dans la région de Bergen, ça fait partie de ces mots qui engendrent des images et des souvenirs sans même à avoir réfléchir. De fil en aiguille, notre traversée du Monténegro va prendre forme, mais c'est ici que ça a pris forme : les bouches de Kotor.
Avant d'y arriver, il nous faut faire le trajet Dubrovnik - Kotor... Entre les montagnes, la mer jamais loin de nous mais cachée par le relief... Voir et être entourée par tout un massif... J'ai comme un poids qui se soulève, comme si enfin, je pouvais respirer. J'aime Amsterdam, mais des que je m'éloigne, c'est toujours le même constat : qu'est-ce que les montagnes me manquent! À mi-chemin, le premier poste de frontière... ah la douane, cette chose qu'on avait presque oublié ces dernières années. Quelques coups de tampons sur le passeport et ça y est, les fjords viennent à nous. On longe la baie... les lumières dorées sont terminées et on devine la silhouette des montagnes. Imposantes et majestueuses, mystérieuses aussi dans la pénombre et rappelant aux quelques voitures leur place et taille. Je me tortille dans mon siège pour essayer de voir le plus possible le paysage. On est au bord de mer, mais c'est vers les sommets que mon regard se dirige. Les premiers villages apparaissent le long de la route. D'un côté, la nature dans toute sa splendeur. De l'autre, des immeubles un peu partout, en béton, abandonnés, inachevés... des quartiers fantômes pratiquement, où seules quelques murs et fondations sont debout... Le contraste est saisissant et un peu choquant. Il fait nuit quand on arrive aux abords de Kotor...


| Les Bouches de Kotor
Levée aux aurores... Je ne veux pas manquer la moindre minute pour voir le paysage qui nous entoure. On s'avance sur la jetée, en direction de notre mini-plage privée pour voir le soleil se lever, une tasse de thé bien fumante jamais loin... comme toujours. Il fait déjà si bon. On s'installe sur nos chaises longues quelques minutes avant d'aller petit-déjeuner et attaquer notre journée.
On longe la côte et les bouches en voiture. Premier constat : pas de plage ici... juste des bouts de blocs de béton, servant de micro-plage pour les particuliers. C'est un peu surprenant au départ et je n'arrive pas à déterminer si ce morcellement est mieux ou pas... Disons que pour les riverains, ils sont au moins tranquilles et ont leur coin bien à eux... Mais l'amoureuse des grandes étendues que je suis ne peut que soupirer face à tout ce bétonnage... Les plages, de sable, de galets ou de cailloux me manquent.
L'eau est très claire, transparente... et fraîche (normal pour un fjord). La route est étroite, la place souvent pour juste une voie et il faut parfois slalomer dans les villages à cause des voitures garées un peu n'importe comment... C'est le bordel, mais ça nous fait sourire plutôt que nous agacer : on est pratiquement tout seul sur les routes et ça nous incite à profiter du décor autour de nous. Pas mal de villages sont eux aussi déserts, fin de saison oblige... On s'arrête souvent sur les bords de route, avec cette sensation d'avoir les fjords juste pour nous. C'est magnifique, c'est immense... et les palmiers et oliviers changent complètement de l'image des fjords scandinaves...



















| Perast
Et d'un coup, on comprend où tout le monde se trouve... dans les villages un peu plus connus. À peine arrivés aux abords que l'on voit quelques cars... Petit moment de panique et puis on se décide de tenter... Décision que l'on ne regrette pas du tout, le village est vide : la foule a pris d'assaut les barques et bateaux pour aller sur les îlots voisins... Au vu de la taille des cars (très grands) et des îlots (juste un musée ou une église), on passe notre tour et profite de l'absence de tous pour se balader dans les ruelles ombragées... L'architecture rappelle parfois l'Italie sur certains abords, comme la présence de campanile près de l'église... Dans les rues, les fenêtres sont grandes ouvertes, les musiques traditionnelles se mélangeant aux radios plus modernes... Au détour d'une ruelle, un bar propose des assiettes de fruit... une excellente suggestion pour notre repas du midi : la chaleur ne nous ouvre pas spécialement l'appétit... En sortant de Perast, on file dans les supérettes et marchés pour acheter notre butin... Et en fait, non. Gros fail : juste des pommes et oranges (les deux fruits que j'aime le moins), quelques bananes pas mures... Moi qui espérait trouver des figues et grenades : raté (et ce n'est pas faute d'avoir essayé)!























| Kotor
Le déjeuner avorté, on va rencontrer notre deuxième gros fail de la journée (et du séjour) : les routes barrées nous empêcheront d'aller dans un des parcs naturels et nous obligent à rebrousser chemin... Pas de problème, on peut passer au plan B : les plages dans les environs ont l'air tentantes, alors autant en profiter... Oui mais non : clairement, tout le monde se braque sur la même route (la seule ouverte) et depuis les hauteurs, la vue sur les bouchons nous incitent à ne même pas tenter et retourner vers Kotor... Dommage, les plages sont bien vides... et avec de grandes étendues!
Et parce que forcément, quand tu as la poisse, ça va jusqu'au bout : un immense paquebot nous accueille dans la baie, sa foule sur le quai (foule qui soit dit en passant doit être plus importante que si on regroupait tous les habitants de Kotor). Heureusement, tout le monde semble retourner à bord... Gros soupir de soulagement, sous le regard amusé des passants qui ont dû m'entendre. On profite des derniers rayons de soleil dans ce village tout en pierre et très charmant... C'est petit mais tellement beau. On s'amuse aussi sur les murailles : un escalier permet de gravir la montagne... un peu plus de 1000 marches pour les plus courageux... Tentant mais comme on loupera le coucher de soleil si on le gravit (et qu'on déteste les escaliers), on décide d'aller prendre notre petit apéro sur notre fameuse mini-plage privée et voir le soleil passer derrière le massif, laissant derrière lui de jolies traînées de lumière... un verre de thé glacé maison à côté du transat, évidemment! De quoi bien finir une journée pleine de rebondissements.






















| Les bouches vue d'en haut
Nouvelle journée, nouvelle étape... On laisse Kotor et les fjords derrière nous. À mesure que l'on grimpe, on retrouve les routes typiques de montagne que j'adore : des épingles. Heureusement, il y a peu de personnes sur les routes donc on peut s'arrêter au fur et à mesure, voir notre progression et profiter des différents points de vue avant de passer de l'autre côté de la montagne : exit la mer, direction les parcs naturels (avec un crochet par celui qu'on n'a pas pu faire, ha!) et les montagnes...
Au revoir Kotor, tu auras été forte en émotions... et une très bonne mise en bouche de ce merveilleux pays.





8 commentaires:

  1. Tes photos sont magnifiques ! La lumière est tellement belle...
    J'ai de très bons souvenirs de Kotor. J'en avais aussi écris un article.
    Les bouches sont encore plus belles au coucher du soleil, quand les montagnes sont teintées de rose.
    Je compte bien y retourner un jour :-)

    Belle journée !

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    1. Merci beaucoup Marine. J'imagine en effet que le coucher de soleil doit être superbe, surtout vu d'en haut. J'avais hésité mais avec toutes les péripéties, ça faisait trop juste (et sans regret d'ailleurs, il y avait de la brume qui cachait les couleurs ce soir là, c'était plus joli vu d'en bas). Je vais aller lire ton article :)

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  2. Très beau reportage photo qui, comme toujours, donne envie d'explorer et de voyager.

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  3. Ahah belle entrée en matière pleine d'imprévus comme on a l'habitude :)
    Vivement la suite!

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    1. Merci Julie!
      Les petites aventures de voyage... C'est ce qui fait tout le charme finalement :)

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  4. C'est vraiment joli ! Et la vue depuis les hauteurs, l'eau qui serpente entre les montagnes... c'est superbe !

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    1. C'est assez rigolo de voir depuis les hauteurs parce qu'on ne réalise pas toujours à quel point on était entouré des montagnes ou comment l'eau serpentait... Mais en bas, comme en haut, c'était vraiment beau :) J'espère que la suite te plaira!!

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